La production de crevettes

En 2020, pour la première fois la production de crevettes bleues (Litopenaeus stylirostris) dépasse les 150 tonnes, 151 tonnes soit une progression de 8 % par rapport à 2019. Ainsi, depuis 2010 (39 tonnes), la production a quasiment quadruplé.

La production de crevettes en cages lagonaires n’a pas progressé et a même diminué de 18% en n’atteignant que 5,5 tonnes, loin de l’objectif de 10 tonnes (significatif pour la Polynésie française et pour une très petite ferme) qui n’a pu être atteint du fait de défaillances matérielles, en raison de l’usure d’équipements et d’évènements météorologiques exceptionnels.

Le rendement moyen en tonnes de crevettes par million de post-larves est calculé en divisant la quantité de crevettes vendues en 2020 (en tonnes) par le nombre de post-larves mises en élevage pour la production des crevettes vendues en 2020 (soit les post-larves des cycles 2019-04, 2019-05, 2020-01, 2020-02 et 2020-03). En 2020, le rendement moyen des élevages de crevettes est de 7,5 tonnes par million de post-larves. Ce rendement reste encore loin de l’objectif de 10 tonnes par million de post-larves tel qu’obtenu en 2017 (10,3), et démontrant une meilleure utilisation des post-larves.

La survie moyenne estimée (rapport entre le nombre total estimé de crevettes vendues à poids moyen = 20g, et le nombre total de post-larves initialement livrées et mises en élevage) est de 38%, ce qui n’est pas suffisant. Une meilleure gestion de la survie des post-larves doit donc être développée avec le concours de l’ensemble des acteurs.

Par contre, le rendement moyen de la filière a évolué (13,9 t/ha en 2020) favorablement pour atteindre 15 tonnes par hectare en 2020, ce qui est très satisfaisant.

Le chiffre d’affaires global déclaré de la filière reste quasi identique, soit 321 M. F.CFP mais globalement le prix de la crevette a diminué de 147 F.CFP par kg, soit 2120 F.CFP/kg départ ferme. La filière utilise 21 emplois dont 17 à temps plein hors écloseries (8 emplois dont 7 à temps plein).

La production globale devrait continuer à augmenter à un rythme plus faible avant les prochaines productions de la zone Biomarine de Faratea (pas avant fin 2024), tandis que le développement et la consolidation de petites fermes d’élevages lagonaires en cages doit permettre de lancer durablement ce mode de production innovant basé sur des produits de qualité et de proximité, notamment dans les îles. La filière doit aussi se consacrer à l’amélioration des performances d’utilisation de post-larves issues de l’Écloserie de Production de Vaia (EPV) ainsi qu’à la transformation et à la valorisation de ses co-produits et déchets.

Il est à noter que la situation sanitaire particulière de l’année 2020 liée à la Covid-19, a essentiellement impacté les fermes dont le principal marché était les hôtels et ou les restaurant, mais dans une moindre mesure que les défaillances de matériel des fermes en cages.

La production de poissons

La production de la filière d’élevage de Paraha peue (Platax orbicularis) est de 10,4 tonnes en 2020 (-20%), avec un chiffre d’affaire de 27 M. F.CFP et 4 emplois hors écloserie. Cette forte diminution de production est le résultat de la présence dans le milieu marin d’une maladie bactérienne, la Ténacibaculose (due à Tenacibaculum maritimum) qui est présente un peu partout dans le monde. Elle provoque des épisodes de mortalités importantes (50-70%) pendant une période de 1 à 2 mois après la mise en cages. Les travaux menés par la DRM et ses partenaires scientifiques (Ifremer et CRIOBE) et techniques (CAPF) permettent de proposer une solution zootechnique réduisant fortement ces mortalités. Il reste à améliorer cette solution en proposant un procédé aussi bien efficace que peu coûteux.

Enfin, il est important rappeler que toutes les fermes polynésiennes aquacoles de production de crevettes et de poissons sont écoresponsables dans la mesure où elles n’utilisent aucun produit chimique ni médicamenteux dans les élevages, depuis l’arrivée des juvéniles d’écloserie et cela jusqu’à l’assiette du consommateur. Toutefois, étant soumises à autorisation d’exploitation d’Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE) de 2ème classe à partir de 5 tonnes/an, trois fermes sur cinq doivent encore se mettre en conformité avec le code de l’environnement.