La production de crevettes

En 2021, pour la première fois, la production de crevettes bleues (Litopenaeus stylirostris) dépasse les 160 tonnes pour atteindre 161,4 tonnes, soit une progression de 6 % par rapport à 2020. Ainsi, depuis 2010 (39 tonnes), la production a quasiment quadruplé.

La production de crevettes en cages lagonaires n’a pas progressé et a même diminué de 24% en n’atteignant que 4,2 tonnes sur l’objectif de 10 tonnes (significatif pour la Polynésie française et pour une très petite ferme). Cet objectif n’a pu être atteint en raison de défaillances matérielles et d’évènements météorologiques exceptionnels.

Le rendement moyen en tonnes de crevettes par million de post-larves (tonnage de crevettes vendues en 2021 divisé par le nombre de post-larves mises en élevage pour la production des crevettes vendues en 2021 ; soit les post-larves des cycles 2020-04, 2020-05, 2021-01, 2021-02 et 2021-03) en 2021 est de 7,13 tonnes par million de post-larves. Ce rendement n’atteint pas l’objectif de 10 tonnes par million de post-larves tel qu’obtenu en 2017 (10,3), et démontrant une meilleure utilisation des post-larves.

La survie moyenne estimée (rapport entre le nombre total estimé de crevettes de 20g vendues et le nombre total de post-larves initialement livrées et mises en élevage) est de 43,8 %, avec un objectif de 60% de survie sur toute la filière et pour les crevettes en cage, la survie moyenne est de 20,7%. Une meilleure gestion de la survie des post-larves doit donc être développée avec le concours de l’ensemble des acteurs.

Le chiffre d’affaires global déclaré de la filière reste quasi identique, soit 396 M.CFP mais globalement le prix de la crevette a diminué de 147 FCP par kg, soit 2 120 FCP/kg départ ferme. La filière représente 25 emplois dont 22 à temps plein hors écloseries.

La production globale devrait continuer à augmenter à un rythme plus faible avant les prochaines productions de la zone Biomarine de Faratea (pas avant fin 2024), tandis que le développement et la consolidation de petites fermes d’élevages lagonaires en cages doit permettre de lancer durablement ce mode de production innovant basé sur des produits de qualité et de proximité, notamment dans les îles. La filière doit aussi se consacrer à l’amélioration des performances d’utilisation de post-larves issues de l’Écloserie de Production de Vaia (EPV) ainsi qu’à la transformation et à la valorisation de ses co-produits et déchets.

La production de poissons

La production de la filière d’élevage de Paraha peue (Platax orbicularis) est de 15,3 tonnes en 2021. La filière représente 2 emplois hors écloserie. L’augmentation de production de 5 tonnes est le résultat de la mise en cage d’animaux de 30 g (au lieu de 10g) élevés dans les bassins aquacoles en terre. L’envoi d’animaux plus gros a considérablement diminué la mortalité (30% de réduction) lors de la mise en cage. Toutefois, la Ténacibaculose, qui est une maladie bactérienne due à Tenacibaculum maritimum, reste la cause principale des mortalités en cage. Elle peut provoquer des épisodes de mortalités importantes (50-70%) pendant une période de 1 à 2 mois après la mise en cages pour des animaux de 10g.

Les travaux menés par la DRM et ses partenaires scientifiques (Ifremer et CRIOBE) et techniques (CAPF) permettent de proposer une solution zootechnique réduisant fortement ces mortalités. Il reste à améliorer cette solution en proposant un procédé aussi bien efficace que peu coûteux.

Enfin, il est important de rappeler que toutes les fermes polynésiennes aquacoles de production de crevettes et de poissons sont écoresponsables dans la mesure où elles n’utilisent aucun produit chimique ni médicamenteux dans les élevages, depuis l’arrivée des juvéniles d’écloserie et cela jusqu’à l’assiette du consommateur. Toutefois, étant soumises à autorisation d’exploitation d’Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE) de 2ème classe à partir de 5 tonnes/an, trois fermes sur cinq doivent encore se mettre en conformité avec le code de l’environnement.