La production de crevettes

En 2019, la production de crevettes bleues (Litopenaeus stylirostris) ne progresse que de 2 % pour atteindre 141 tonnes, mais elle est la plus grosse production de crevettes atteinte sur les 3 fermes en bassins et les 2 petites fermes pilote en cages lagonaires.

Cette faible augmentation peut s’expliquer par une perte d’animaux en cours de production dû à une défaillance matériel pour une ferme à terre.

La production de crevettes en cages lagonaires atteint 6,7 tonnes en 2019. L’objectif de 10 tonnes n’a pu être atteint du fait d’une forte prédation (entrée de juvéniles de marava dans les cages) et de vols pour une ferme, et du fait de pertes de cheptels dues à des évènements météorologiques qui ont impacté le matériel usagé pour la seconde ferme.

Le rendement en tonnes de crevettes par million de post-larves facturées (réparties entre 2018 et 2019 pour une production de crevettes commercialisées en 2019) est de 7,6. Après avoir baissé de 8,5% entre 2017 et 2018, il baisse de 20%, soit bien plus fortement entre 2018 et 2019. Si les pertes précitées peuvent expliquer en partie ce rendement, celui-ci est insuffisant et doit retrouver un niveau de l’ordre 10 comme en 2017 (10,3), ce qui représente une survie de 50% pour du calibre 50 (poids moyen = 20 g). La fourniture de post-larves a augmenté 4 fois plus vite que l’augmentation de la production. Une meilleure gestion de la survie des post-larves doit donc être développée avec le concours de l’ensemble des acteurs.

Le rendement moyen de la filière est de 13,7 tonnes par hectare en 2019, ce qui est très satisfaisant. Le chiffre d’affaires global déclaré de la filière est de l’ordre de 303 M.CFP avec 22 emplois dont 17 à temps plein hors écloserie. La production globale devrait continuer à augmenter à un rythme plus faible avant le lancement de productions dans la zone Biomarine de Faratea (projeté en 2023-2024). Toutefois, le développement et la consolidation de petites fermes d’élevages lagonaires en cages doivent permettre une diversification de produits de qualité et de proximité, notamment dans les îles. La filière doit pouvoir se consacrer à l’amélioration de ses performances d’utilisation de post-larves issues de l’Écloserie de Production de Vaia (EPV) ainsi qu’à la transformation et à la valorisation de ses co-produits et déchets.

La production de poissons

La production de la filière d’élevage de Paraha Peue (Platax orbicularis) est de 13 tonnes en 2019 (-31%), avec un chiffre d’affaire de 24 M.CFP et 4 emplois hors écloserie. Cette chute de production témoigne d’une activité en difficulté due à un taux de mortalité durant cette année variant entre 50% et 70%. La cause principale est la maladie bactérienne Ténacibaculose (Tenacibaculum maritimum) présente un peu partout dans le monde, et qui provoque des épisodes de mortalités importantes pendant une période de 1 à 2 mois après la mise en cages. La R&D et l’assistance zootechnique et sanitaire aux fermiers apportés par la DRM et ses partenaires scientifiques (Ifremer et CRIOBE) et techniques (CAPF) doivent permettre prochainement de proposer des solutions fiables aux fermes dans le but de retrouver progressivement une rentabilité suffisante à cette activité et à l’obtention de ce produit très apprécié sur le marché.

Le programme d’essais de production d’alevins de Marava (poisson lapin ou Siganus argenteus) a été poursuivi par la DRM  sur le Centre IFREMER de Vairao avec de premiers tests en bassin terre. L’objectif de valider des référentiels de production doit être réalisé dans le cadre du programme du XIe FED (PROTEGE) qui a débuté en fin 2019.

Enfin, il importe de rappeler que les fermes polynésiennes de production de crevettes et de poissons sont écoresponsables : elles sont soumises à des Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE) de 2ème classe à partir de 5 T /an (certaines étant en phase de mise en conformité), et elles n’utilisent durant la production, depuis l’arrivée des juvéniles d’écloserie jusqu’à l’assiette du consommateur aucun produit chimique ni aucun produit médicamenteux.