La pêche lagonaire

La production lagonaire

La pêche lagonaire peut être définie comme l’ensemble des activités touchant à l’exploitation des ressources biologiques naturelles existant dans les lagons, sur la pente externe des récifs ou sur le littoral des îles sans récif, jusqu’à une profondeur d’environ 100 mètres.

La CAPL délivre des cartes professionnelles à tous les professionnels, exploitants, groupements, sociétés d’exploitation exerçant une activité agricole, pastorale, forestière, aquacole ou de pêcheur lagonaire. Ainsi, plusieurs types de cartes sont délivrés selon les domaines d’activités. Par exemple, un professionnel ayant une activité de pêche et agricole sera octroyé une carte pluriactivité. Les règles de son obtention ont varié dans le temps :

  • De 1999 à 2013 : carte gratuite et d’une validité de 5 ans ;
  • De 2014 à octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 1 an ;
  • A partir d’octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 2 ans.

De nombreuses associations et coopératives localisées dans les différentes communes, comprennent des pêcheurs lagonaires dans leurs rangs.

Il est à noter que l’attribution d’une carte professionnelle de pêche lagonaire n’est pas une autorisation de pêche mais permet d’accéder aux dispositifs d’aide du Pays.

En 2020, la CAPL a délivré 1 057 cartes de pêche (chiffres officiels de la CAPL).

Bien que la disponibilité des statistiques des produits lagonaires soit très partielle, il a été possible d’estimer la production globale polynésienne aux environs de 4 300 tonnes (estimation de 2008). Cette production serait répartie ainsi : 3 400 tonnes de poissons lagonaires, 700 tonnes de petits pélagiques (ature, operu) et 200 tonnes de “fruits de mer” (mollusques, échinodermes, crustacés etc.) pour une valeur départ pêcheur de l’ordre de 2 milliards F CFP. L’île de Tahiti, de loin la plus peuplée de Polynésie française, est également la plus grande pêcherie avec une production annuelle de l’ordre du millier de tonnes ; toute sa production est absorbée pour satisfaire aux besoins vitaux des populations (pêche de subsistance), aux activités récréatives (pêche de plaisance) et aux activités commerciales (pêche professionnelle). Mais cette production n’est pas suffisante et des importations de produits des autres îles de Polynésie française sont indispensables, notamment de certains atolls des Tuamotu de l’Ouest qui ont développé depuis plus de 40 ans une pêcherie commerciale vouée à l’export sur Tahiti.

En matière de produits lagonaire exportés par voie maritime (chiffres déclarés), au total 770 tonnes sont exportées vers Tahiti. Le peloton de tête est composé de : Rangiroa (95 t), Arutua (91 t), Kaukura (43 t), Raiatea (30 t) et Faaite (28 t), ainsi que 16 îles exportant plus de 10 tonnes. Pour les bénitiers, Tubuai et Raivavae aux Australes, sont les principaux fournisseurs avec une production annuelle d’environ 6,3 tonnes de chair au total pour les deux îles, soit 3,6 tonnes de moins qu’en 2019. Quant aux langoustes, les Marquises sont les principaux producteurs avec une production annuelle de 10,8 t. Soit une diminution de 2 tonnes par rapport à 2019.

La pêche d’holothuries (rori)

La pêche commerciale d’holothuries (rori), initiée en 2008, s’est considérablement développée pour atteindre en 2011 et 2012 des exportations record à hauteur de 125 tonnes. En novembre 2012, la pêche a été réglementée afin de permettre la mise en place des mesures de gestion et de suivi nécessaire pour assurer la traçabilité des produits exploités, et la pêche commerciale a été suspendue.

Ainsi, la réglementation limite la pêche à certaines espèces, impose des tailles minimales par espèce, des quotas par espèce établis en nombre d’individus, la mise en place systématique de zones de réserve, l’obligation de prélever à la main, l’interdiction de pêche de nuit et, enfin, un système d’agrément des commerçants en holothuries. Un comité de gestion local est chargé de faire appliquer la réglementation sur place et d’assurer la traçabilité des produits, du pêcheur au commerçant.

Enfin, la traçabilité des produits depuis la pêche jusqu’à l’exportation est facilitée désormais grâce à la mise en place, par le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC de Nouméa), depuis début 2014, d’une base de données en ligne accessible par toutes les parties prenantes.

En 2020, la pêche d’holothurie a été ouverte sur 3 îles : Kaukura, Nihiru et Taenga. Seulement 2 espèces autorisées à la pêche commerciale ont été exploitées. Le nombre total de rori pêchés est de 328 unités ce qui représente un poids total de 59 kilos. Nous notons une importante diminution des captures de rori, soit 97 % de moins par rapport à 2019. Cette diminution est dû à l’inscription à l’Annexe II de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) des holothuries à mamelles (Holothuria fuscogilva et Holothuria whitmaei). En effet, ces deux espèces ne peuvent être exportées pour le moment car la Polynésie française n’a pas encore démontré que le commerce de ces espèces ne nuit pas au stock. Elle est également liée à la crise sanitaire engendrée par la COVID 19. En effet, la diminution de la fréquence de la desserte maritime dans certaines îles n’a pas permis d’approvisionner ces îles en sel dans les temps. Le sel étant indispensable pour la transformation.

A noter également qu’aucune holothurie n’a été exportée en 2020, les quantités étant insuffisantes pour rentabiliser les coûts d’expédition vers Hong Kong.

La pêche de troca

En 2020, il n’y a pas eu de pêche de trocas.