Pêche au filet et pêche sous-marine : les règles à respecter

Rappel de la réglementation applicable dans les lagons de Polynésie française : matériel autorisé, distances de sécurité, interdictions et sanctions.

50 m

Longueur maximale d’un filet

4 cm

Maille minimale, mesurée de côté

100 m

Distance minimale entre deux filets

150 m

Distance minimale pour la chasse sous-marine près d’une prise d’eau, d’une ferme ou d’un filet balisé

Pêche au filet

Règle générale : le filet mesure 50 m maximum et sa maille fait au moins 4 cm de côté.

Trois exceptions à la règle de la maille

Les ouma : alevins de mullidés (upe’a ouma autorisé).

Les inaa : alevins de gobiidés (upe’a inaa ou tava’e).

Les ature (Selar crumenophthalmus) et les operu (Decapterus macarellus) : upe’a ature ou upe’a anave.

Pose et signalisation

La distance entre deux filets ne doit pas être inférieure à 100 m. Un filet ne reste pas posé plus de 24 h, avec un intervalle de 24 h avant une nouvelle pose.

Les filets dormants ou dérivants sont signalés par des flotteurs portant un pavillon carré de couleur vive. Ils ne doivent pas gêner la navigation, notamment dans les passes. Ils sont interdits à l’extérieur du lagon.

En saison de ature uniquement

De 5 h à 17 h

Pêche au filet réservée aux sennes de plage, dont les grands filets à ature (upe’a anave), pour les poissons pélagiques (ature, operu, orare…).

De 17 h à 5 h

Pêche au filet réservée aux petits filets dits parava, repérés par des bouées ou d’autres marques bien visibles.

Les pêcheurs utilisant d’autres moyens conformes (lignes, harpon, fusil-harpon, etc.) peuvent exercer à tout moment, sans gêner la pêche au grand filet.

Pêche sous-marine

Il est interdit aux pêcheurs (ou chasseurs) sous-marins :

de s’approcher à moins de 150 m d’une prise d’eau, d’un établissement de cultures marines (ferme perlière, élevage aquacole) ou d’un filet et engin de pêche balisés ;

de capturer des animaux pris dans les engins ou filets posés par d’autres pêcheurs ;

de garder chargé, hors de l’eau, tout appareil de pêche sous-marine ;

d’utiliser un équipement, autonome ou non, qui permet de respirer sans revenir à la surface (scaphandre, narguilé), sauf pour détruire la Taramea (Acanthaster planci) ;

d’utiliser conjointement un équipement autonome et un fusil sous-marin, sauf les lupara servant d’arme de défense contre les squales.

Le conseil des ministres peut interdire les projecteurs pour la pêche sous-marine de nuit (entre le coucher et le lever du soleil) dans certaines zones et à certaines saisons.

Plongeur chasse sous-marine

Pêche en eau douce et méthodes interdites

Dans tous les cours d’eau et lacs du territoire, il est interdit de pêcher les espèces d’eau douce avec des filets, des rets ou des éperviers.

La pêche des holothuries (rori) est interdite de 18 h à 6 h.

Il est interdit d’utiliser

une substance naturelle ou artificielle qui enivre, endort, paralyse ou détruit les animaux marins et d’eau douce (hora, hora papua, hutu, eau de javel…) ;

des procédés électriques ;

des barres à mine, pioches ou tout outil susceptible de bouleverser l’habitat des espèces (destruction du corail) ;

des substances explosives (dynamite) ou gazeuses (air comprimé) pour effrayer, paralyser ou tuer les animaux, sauf les balles à tête explosive utilisées en défense contre les requins.

Pêche aux « inaa » à l’épuisette

Holothuries (rori) : elles se pêchent exclusivement à la main. Tout outil, engin ou technique est interdit.

Le ministre chargé de la mer peut accorder des dérogations pour des raisons scientifiques ou liées à l’équilibre des espèces.

Sanctions

Les infractions sont passibles des peines de contravention de 5e classe. En cas de récidive, les peines sont doublées.

Les officiers et agents de police judiciaire, ainsi que toute personne habilitée à verbaliser, constatent les infractions. Ils peuvent saisir et confisquer les produits pêchés, transportés, détenus ou commercialisés en infraction.

Sous réserve d’homologation par la loi, une peine complémentaire peut s’ajouter : saisie et confiscation du matériel de pêche et des embarcations. Selon qu’ils sont prohibés ou non, les engins sont détruits ou vendus.

Selon les circonstances, la Direction des ressources marines fait rejeter le produit de la pêche saisi à la mer, le remet contre décharge à des établissements sociaux, scolaires ou de bienfaisance ou à des personnes dans le besoin, ou le vend au profit du territoire. À défaut, il peut être détruit.

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