Statistiques 2018 : Pêche, Aquaculture et Perliculture en Polynésie française

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Statistiques 2018 : Pêche, Aquaculture et Perliculture en Polynésie française 2019-08-29T14:40:22+00:00

Sont rassemblées ici les principales données statistiques disponibles relatives à la pêche professionnelle, à l’aquaculture et à la perliculture en Polynésie française ainsi que les exportations de produits de la mer.

Ces données sont recueillies auprès des professionnels de chaque secteur par la Direction des Ressources Marines (DRM), la Direction Régionale des Douanes, la Direction Polynésienne des Affaires Maritimes (DPAM), la Société du Port de Pêche de Papeete (S3P) et la Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie (DRRT).

Grâce à la coopération croissante de l’ensemble de ces acteurs, la collecte et la compilation de ces données s’améliorent chaque année et permettent d’obtenir un panorama de plus en plus précis de l’ensemble des activités professionnelles.

Ces données sont destinées à un large public, à la fois les pouvoirs publics en charge de la définition des politiques publiques, les experts chargés d’analyser ces secteurs mais également chaque citoyen intéressé par la connaissance de l’exploitation des ressources marines en Polynésie française.

⇒ Accéder aux bulletins statistiques des années précédentes en cliquant ICI

« Les États devraient veiller à ce que des statistiques actuelles, complètes et fiables sur l’effort de pêche et les captures soient collectées et conservées conformément aux normes et pratiques internationales applicables, et veiller à ce qu’elles soient suffisamment détaillées pour permettre une analyse statistique valable. Ces données devraient être mises à jour régulièrement et vérifiées au moyen d’un système approprié. Les États devraient les rassembler et les diffuser en respectant les critères applicables pour en préserver le caractère confidentiel.» Article 7.4.4 du Code de Conduite pour une Pêche Responsable, FAO, 1995

La pêche palangrière

Les palangriers constituent l’unique flottille de pêche hauturière de la Polynésie française. Elle est composée d’unités mesurant de 13 à 25 m exploitant les espèces du large en frais ou en congelé. Après avoir atteint un maximum historique de 75 unités en 2004, la flottille active a progressivement diminué jusqu’en 2016, ayant des conséquences néfastes sur la capacité de la filière à satisfaire la demande à l’export. Depuis, la flotte a amorcé un renouvellement. Ainsi en 2018, avec 3 unités qui ont repris du service et 2 nouvelles unités, on dénombre 5 unités actives de plus qu’en 2017 (+8%), soit 66 navires.

La production commerciale en 2018 a atteint 6 342 tonnes, soit une augmentation de 20 % (+1 063 t) par rapport à 2017. Les débarquements de thon germon, qui est la principale espèce pêchée par la flotte, ont augmenté fortement par rapport à 2017, avec 903 t de plus (soit +42 %). Les débarquements de thon à nageoires jaunes, espèce qui occupe le deuxième rang dans les volumes débarqués, ont diminué en revanche de 124 t (- 9%). Les débarquements de thon obèse, au troisième rang, ont quant à eux augmenté de 185 t (+ 21 %). Les espèces tropicales (thon à nageoires jaunes et thon obèse) sont donc moins représentées que les espèces subtropicales telles que le thon germon dans les captures en 2018.

Les rendements en thon germon ont augmenté de 34 % par rapport à 2017 et ceux de thon obèse de 15 %. En revanche, les rendements en thon à nageoires jaunes ont diminué de 14 %.

Pratiquement toute la production a été débarquée sous forme de produits réfrigérés (99 %). La production en congelé a représenté moins de 1 % des captures totales en 2018. Une diminution régulière de cette activité par la flottille actuelle se confirme ainsi d’année en année.

Vente en criée au MIT en 2018

Les poissons débarqués par les palangriers dans l’enceinte du Marché d’intérêt public (MIT) du Port de Pêche de Papeete sont vendus, soit directement aux mareyeurs, soit lors de vente aux enchères en criée.

En 2018, la criée a traité 48 tonnes (-62%) pour une valeur échangée d’environ 25 millions CFP. Les quantités traitées via la criée ne représentent donc qu’environ 0,8 % de la production commerciale débarquée par les palangriers.

La pêche côtière

En 2018, le programme a été perturbé par la mise en place des nouvelles règles comptables pour l’acquisition des matériels nécessaires à l’organisation des missions d’ancrage, le départ à la retraite de l’unique assistant affecté au programme et de l’indisponibilité de l’unité principale d’intervention.

Consécutivement les ancrages de DCP prévus aux Australes et aux Tuamotu de l’Ouest ont été reportés à 2019.

Néanmoins à partir du mois d’octobre, quelques interventions ont pu être effectuées pour compléter et maintenir un parc de DCP actifs dans l’ensemble des archipels de la Polynésie française.

Aussi, la DRM a procédé à l’ancrage de 34 DCP en 2018 dans trois archipels.

La distribution des ancrages est répartie comme suit :

  • 13 DCP ancrés aux Tuamotu du Centre et de l’Est (Anaa, Faite, Katiu, Makemo, Taenga, Nihiru, Amanu, Pukarua, Tatakoto, Pukapuka, Fangatau et Fakahina)
  • 6 DCP ancrés aux îles sous le vent dont 1 DCP de sub-surface SS (Tehurui, Tevaitoa, Poutoru SS, Toopua, Tuanai et Auira)
  • 15 DCP ancrés aux Marquises (Fatuhiva (2), Motane, Hiva-oa (2), Tahuata (2), Ua-huka (2), Nukuhiva (2) et Uapou (4)

Avec le rajout de ces DCP, le parc final de DCP de la Polynésie française comptait en décembre 2018, un total de 106 DCP, soit 21 DCP de plus par rapport à l’année 2017.

Les DCP en place sont répartis de la façon suivante :

  • 15 DCP aux îles du-vent,
  • 20 DCP aux îles sous-le-vent,
  • 43 DCP aux Tuamotu,
  • 24 DCP aux Marquises,
  • 4 DCP aux Australes.

En contrepartie, on dénombrait la disparition de 13 DCP principalement dans l’archipel de la Société, en raison une fois de plus de l’incivisme des pêcheurs (amarrage de DCP dérivants sur les DCP, non respect de la réglementation) et des nouvelles techniques de pêche pratiquées (pêche à la bouée à des profondeurs supérieures à 300 mètres). Une réactualisation de la réglementation et des contrôles renforcés des activités de pêche à proximité des DCP sont prévus pour 2019.

Parc des DCP en 2018

Parc des DCP en 2018

Licences de pêche côtière

Licences de pêche côtière

Equipements froids

Équipements froids

La pêche lagonaire

La pêche lagonaire peut être définie comme l’ensemble des activités touchant à l’exploitation des ressources biologiques naturelles existant dans les lagons, sur la pente externe des récifs ou sur le littoral des îles sans récif, jusqu’à une profondeur d’environ 100 mètres.

La Chambre de l’Agriculture et de la Pêche Lagonaire (CAPL) délivre des cartes professionnelles à tous les professionnels, exploitants, groupements, sociétés d’exploitation exerçant une activité agricole, pastorale, forestière, aquacole ou de pêcheur lagonaire. Ainsi, plusieurs types de cartes sont délivrés selon les domaines d’activités. Par exemple, un professionnel ayant une activité de pêche et agricole se verra octroyer une carte pluriactivité. Les règles de son obtention ont varié dans le temps :

  • De 1999 à 2013 : carte gratuite et d’une validité de 5 ans.
  • De 2014 à octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 1 an.
  • A partir d’octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 2 ans.

De nombreuses associations et coopératives localisées dans les différentes communes, comprennent des pêcheurs lagonaires dans leurs rangs.

Il est à noter que l’attribution d’une carte professionnelle de pêche lagonaire n’est pas une autorisation de pêche mais permet d’accéder aux dispositifs d’aides du Pays.

Entre janvier et juillet 2018, la CAPL a délivré 136 cartes de pêche lagonaire et 67 cartes pluriactivités comprenant la pêche lagonaire, soit un total de 203 cartes (chiffres officiels de la CAPL).

La production lagonaire

Bien que la disponibilité des statistiques des produits lagonaires soit très partielle, il a été possible d’estimer la production globale polynésienne aux environs de 4 300 tonnes (estimation de 2008).

Cette production serait répartie ainsi :

  • 3 400 tonnes de poissons lagonaires,
  • 700 tonnes de petits pélagiques (ature, operu)
  • 200 tonnes de “fruits de mer” (mollusques, échinodermes, crustacés etc.)

pour une valeur départ pêcheur de l’ordre de 2 milliards CFP.

L’île de Tahiti, de loin la plus peuplée de Polynésie française, est également la plus grande pêcherie avec une production annuelle de l’ordre du millier de tonnes ; toute sa production est absorbée pour satisfaire aux besoins vitaux des populations (pêche de subsistance), aux activités récréatives (pêche de plaisance) et aux activités commerciales (pêche professionnelle). Mais cette production n’est pas suffisante et des importations de produits des autres îles de Polynésie française sont indispensables, notamment de certains atolls des Tuamotu de l’Ouest qui ont développé depuis plus de 40 ans une pêcherie commerciale vouée à l’export sur Tahiti.

En matière de produits lagonaires exportés par voie maritime (chiffres déclarés), au total 566,5 tonnes sont exportées vers Tahiti.

Le peloton de tête est composé de :

  • Rangiroa (52,2 t)
  • Arutua (42,5 t)
  • Kaukura (40,1 t)
  • Raiatea (37,9 t)

ainsi que 16 îles exportant plus de 10 tonnes.

Pour les bénitiers, Tubuai et Raivavae aux Australes, sont les principaux fournisseurs avec une production annuelle d’environ 12,6 tonnes de chair au total pour les deux îles, soit 2 tonnes de moins qu’en 2017. Quant aux langoustes, les Marquises sont les principaux producteurs avec une production annuelle de 3,3 t. Ceci représente tout de même une baisse considérable par rapport à 2017 (9,8 t).

Exportations de produits de la mer
inter îles en 2018

La pêche de troca

En 2018, les pêches de trocas ont été organisées uniquement sur l’île de Tahiti, dans les communes de Paea, Papara et Teva i Uta. Un total de 221 pêcheurs a participé à ces pêches. Ces derniers ont pu récolter un total de 36,5 tonnes de coquilles, représentant une valeur d’achat de près de 11 M CFP et un prix moyen de 299 CFP/kg.

La pêche d’holothuries (rori)

La pêche commerciale d’holothuries (rori), initiée en 2008, s’est considérablement développée pour atteindre en 2011 et 2012 des exportations record à hauteur de 125 tonnes. En novembre 2012, la pêche a été réglementée afin de permettre la mise en place des mesures de gestion et de suivi nécessaire pour assurer la traçabilité des produits exploités, et la pêche commerciale a été suspendue.

En 2018, la mise en place de 5 comités de gestion a permis d’ouvrir des pêches commerciales.

Ainsi, la réglementation limite la pêche à certaines espèces, impose des tailles minimales par espèce, des quotas par espèce établis en nombre d’individus, la mise en place systématique de zones de réserve, l’obligation de prélever à la main, l’interdiction de pêche de nuit et, enfin, un système d’agrément des commerçants en holothuries. Un comité de gestion local est chargé de faire appliquer la réglementation sur place et d’assurer la traçabilité des produits, du pêcheur au commerçant.

Enfin, la traçabilité des produits depuis la pêche jusqu’à l’exportation est facilitée désormais grâce à la mise en place, par le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC de Nouméa), depuis début 2014, d’une base de données en ligne accessible par toutes les parties prenantes.

En 2018, la pêche d’holothurie a été ouverte sur 5 îles :

  • Fakarava,
  • Niau,
  • Kauehi,
  • Raroia,
  • Faaite.

Les pêches ont été réalisées sur 4 d’entre elles (exceptée Faaite) et 5 espèces autorisées à la pêche commerciale ont été exploitées. Le nombre total de rori pêchés est de 7 202 unités ce qui représente un poids total de 2,3 tonnes. Nous notons une diminution des captures de rori de 64% par rapport à l’année 2017.

L’aquaculture

La production de crevettes

La production de poissons

La perliculture

Commerçant de nucléus

« Est commerçant de nucléus toute personne physique ou morale fabriquant, achetant, recyclant ou important des nucléus dans le but de les vendre. » (Article LP 23)

Détaillant-artisan de produits perliers

« Est détaillant-artisan de produits perliers tout artisan traditionnel tel que défini par la réglementation en vigueur qui, même à titre accessoire, se livre ou prête son concours aux opérations d’achats en semi-gros ou au détail, uniquement auprès de producteurs, de négociants de produits perliers, en vue de la revente de produits perliers tels que définis aux articles LP 2, LP 3, LP 4 et LP 5 de la présente loi du pays uniquement montés en objet d’artisanat traditionnel, à des clients les utilisant pour leur usage particulier. » (Article LP 68)

Détaillant-bijoutier de produits perliers

« Est détaillant-bijoutier de produits perliers toute personne physique ou morale qui, même à titre accessoire, se livre ou prête son concours aux opérations d’achats en semi-gros ou au détail, uniquement auprès de producteurs, de négociants de produits perliers, en vue de la revente de produits perliers tels que définis aux articles LP 2, LP 3, LP 4 et LP 5 de la présente loi du pays, bruts ou travaillés (classés à la position tarifaire douanière 71.01), montés en ouvrages ou en articles de bijouterie (classés à la position tarifaire douanière 71.13 et 71.16) à des clients les utilisant pour leur usage particulier ou à d’autres détaillants bijoutiers de produits perliers. » (Article LP 67)

Il n’y a pas d’obligation de détenir une autorisation d’exercer l’activité de détaillant-bijoutier.

Cependant, un détaillant-bijoutier est soumis aux obligations déclaratives.

En 2018, 111 détaillants-bijoutiers ont effectuées les démarches administratives auprès de la DRM.

Stations de collectage et concessions maritimes perlicoles

Importations de nucléus

Toute importation de nucléus est désormais obligatoirement soumise à la production d’une licence d’importation qui est systématiquement remis à l’avis de la DRM.

« Seuls les titulaires d’une carte valide de commerçant de nucléus ou de producteur de produit perliers et le service en charge de la perliculture peuvent importer des nucléus. Chaque importation de nucléus est obligatoirement soumise à la production d’une licence d’importation délivrée par le service en charge de la perliculture. » (Article LP. 30)

En 2018, environ 28,6 millions de nucléus ont été importés dont 58,5 % par les commerçant de nucléus et 41,5 % par les producteurs.

Contrôle après production des perles de culture

Depuis la LP n°2017-16, les producteurs de produits perliers ont l’obligation de présenter leurs productions à la cellule contrôle qualité de la DRM pour enregistrement (contrôle après production).

Négociants de produits perliers

En 2018, il y a eu 1 nouvelle demande octroyée et 3 cartes annulées soit 23 négociants de produits perliers en fin d’année.

Les ventes aux enchères (VAE)

Une organisation professionnelle, GIE POE O RIKITEA, ainsi que la SC TAHITI PERLES ont organisé des ventes aux enchères en mars, juillet et novembre 2018.

Environ 1,9 millions de perles ont été présentées lors de ces ventes.

Les exportations

Exportations de poissons du large

Exportations de bêches de mer (rori)

Provenance des « rori » exportés

vers Hong-Kong en 2018

Exportations de poissons vivants

Exportations de bénitiers

Exportations de coquilles

Exportations de produits perliers

En 2018, environ 8 millions de perles de culture de Tahiti ont été exportées pour une valeur de 7,46 milliards CFP.

Hong Kong et le Japon restent les principaux pays importateurs de perles de culture de Tahiti, ils cumulent environ 94% des volumes et de la valeur. Le prix au gramme proposé par le Japon est légèrement supérieur d’environ 35% à celui proposé par Hong Kong.

La valeur des exportations baisse d’environ 8 % (- 654 millions CFP) correspondant à une baisse de 2,28 tonnes du poids de perles de culture de Tahiti exportées, soit environ 916 000 perles en moins. Cependant le prix au gramme augmente sensiblement de 96 Fcfp en 2018 pour atteindre 644 Fcfp/g.

En 2018, on note une diminution des exportations en poids et en nombre mais avec une augmentation du prix au gramme.

Exportation de perles de culture de Tahiti en 2018

Exportation de perles de culture de Tahiti en 2018

Poids des perles en grammes