Statistiques 2018 : Pêche, Aquaculture et Perliculture en Polynésie française

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Statistiques 2018 : Pêche, Aquaculture et Perliculture en Polynésie française 2019-10-28T15:45:43+00:00

Sont rassemblées ici les principales données statistiques disponibles relatives à la pêche professionnelle, à l’aquaculture et à la perliculture en Polynésie française ainsi que les exportations de produits de la mer.

Ces données sont recueillies auprès des professionnels de chaque secteur par la Direction des Ressources Marines (DRM), la Direction Régionale des Douanes, la Direction Polynésienne des Affaires Maritimes (DPAM), la Société du Port de Pêche de Papeete (S3P) et la Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie (DRRT).

Grâce à la coopération croissante de l’ensemble de ces acteurs, la collecte et la compilation de ces données s’améliorent chaque année et permettent d’obtenir un panorama de plus en plus précis de l’ensemble des activités professionnelles.

Ces données sont destinées à un large public, à la fois les pouvoirs publics en charge de la définition des politiques publiques, les experts chargés d’analyser ces secteurs mais également chaque citoyen intéressé par la connaissance de l’exploitation des ressources marines en Polynésie française.

⇒ Accéder aux bulletins statistiques des années précédentes en cliquant ICI

« Les États devraient veiller à ce que des statistiques actuelles, complètes et fiables sur l’effort de pêche et les captures soient collectées et conservées conformément aux normes et pratiques internationales applicables, et veiller à ce qu’elles soient suffisamment détaillées pour permettre une analyse statistique valable. Ces données devraient être mises à jour régulièrement et vérifiées au moyen d’un système approprié. Les États devraient les rassembler et les diffuser en respectant les critères applicables pour en préserver le caractère confidentiel.» Article 7.4.4 du Code de Conduite pour une Pêche Responsable, FAO, 1995

La pêche palangrière

Les palangriers constituent l’unique flottille de pêche hauturière de la Polynésie française. Elle est composée d’unités mesurant de 13 à 25 m exploitant les espèces du large en frais ou en congelé. Après avoir atteint un maximum historique de 75 unités en 2004, la flottille active a progressivement diminué jusqu’en 2016, ayant des conséquences néfastes sur la capacité de la filière à satisfaire la demande à l’export. Depuis, la flotte a amorcé un renouvellement. Ainsi en 2018, avec 3 unités qui ont repris du service et 2 nouvelles unités, on dénombre 5 unités actives de plus qu’en 2017 (+8%), soit 66 navires.

La production commerciale en 2018 a atteint 6 342 tonnes, soit une augmentation de 20 % (+1 063 t) par rapport à 2017. Les débarquements de thon germon, qui est la principale espèce pêchée par la flotte, ont augmenté fortement par rapport à 2017, avec 903 t de plus (soit +42 %). Les débarquements de thon à nageoires jaunes, espèce qui occupe le deuxième rang dans les volumes débarqués, ont diminué en revanche de 124 t (- 9%). Les débarquements de thon obèse, au troisième rang, ont quant à eux augmenté de 185 t (+ 21 %). Les espèces tropicales (thon à nageoires jaunes et thon obèse) sont donc moins représentées que les espèces subtropicales telles que le thon germon dans les captures en 2018.

Les rendements en thon germon ont augmenté de 34 % par rapport à 2017 et ceux de thon obèse de 15 %. En revanche, les rendements en thon à nageoires jaunes ont diminué de 14 %.

Pratiquement toute la production a été débarquée sous forme de produits réfrigérés (99 %). La production en congelé a représenté moins de 1 % des captures totales en 2018. Une diminution régulière de cette activité par la flottille actuelle se confirme ainsi d’année en année.

Vente en criée au MIT en 2018

Les poissons débarqués par les palangriers dans l’enceinte du Marché d’intérêt public (MIT) du Port de Pêche de Papeete sont vendus, soit directement aux mareyeurs, soit lors de vente aux enchères en criée.

En 2018, la criée a traité 48 tonnes (-62%) pour une valeur échangée d’environ 25 millions CFP. Les quantités traitées via la criée ne représentent donc qu’environ 0,8 % de la production commerciale débarquée par les palangriers.

La pêche côtière

En 2018, le programme a été perturbé par la mise en place des nouvelles règles comptables pour l’acquisition des matériels nécessaires à l’organisation des missions d’ancrage, le départ à la retraite de l’unique assistant affecté au programme et de l’indisponibilité de l’unité principale d’intervention.

Consécutivement les ancrages de DCP prévus aux Australes et aux Tuamotu de l’Ouest ont été reportés à 2019.

Néanmoins à partir du mois d’octobre, quelques interventions ont pu être effectuées pour compléter et maintenir un parc de DCP actifs dans l’ensemble des archipels de la Polynésie française.

Aussi, la DRM a procédé à l’ancrage de 34 DCP en 2018 dans trois archipels.

La distribution des ancrages est répartie comme suit :

  • 13 DCP ancrés aux Tuamotu du Centre et de l’Est (Anaa, Faite, Katiu, Makemo, Taenga, Nihiru, Amanu, Pukarua, Tatakoto, Pukapuka, Fangatau et Fakahina)
  • 6 DCP ancrés aux îles sous le vent dont 1 DCP de sub-surface SS (Tehurui, Tevaitoa, Poutoru SS, Toopua, Tuanai et Auira)
  • 15 DCP ancrés aux Marquises (Fatuhiva (2), Motane, Hiva-oa (2), Tahuata (2), Ua-huka (2), Nukuhiva (2) et Uapou (4)

Avec le rajout de ces DCP, le parc final de DCP de la Polynésie française comptait en décembre 2018, un total de 106 DCP, soit 21 DCP de plus par rapport à l’année 2017.

Les DCP en place sont répartis de la façon suivante :

  • 15 DCP aux îles du-vent,
  • 20 DCP aux îles sous-le-vent,
  • 43 DCP aux Tuamotu,
  • 24 DCP aux Marquises,
  • 4 DCP aux Australes.

En contrepartie, on dénombrait la disparition de 13 DCP principalement dans l’archipel de la Société, en raison une fois de plus de l’incivisme des pêcheurs (amarrage de DCP dérivants sur les DCP, non respect de la réglementation) et des nouvelles techniques de pêche pratiquées (pêche à la bouée à des profondeurs supérieures à 300 mètres). Une réactualisation de la réglementation et des contrôles renforcés des activités de pêche à proximité des DCP sont prévus pour 2019.

Parc des DCP en 2018

Parc des DCP en 2018

Licences de pêche côtière

Licences de pêche côtière

Equipements froids

Équipements froids

La pêche lagonaire

La pêche lagonaire peut être définie comme l’ensemble des activités touchant à l’exploitation des ressources biologiques naturelles existant dans les lagons, sur la pente externe des récifs ou sur le littoral des îles sans récif, jusqu’à une profondeur d’environ 100 mètres.

La Chambre de l’Agriculture et de la Pêche Lagonaire (CAPL) délivre des cartes professionnelles à tous les professionnels, exploitants, groupements, sociétés d’exploitation exerçant une activité agricole, pastorale, forestière, aquacole ou de pêcheur lagonaire. Ainsi, plusieurs types de cartes sont délivrés selon les domaines d’activités. Par exemple, un professionnel ayant une activité de pêche et agricole se verra octroyer une carte pluriactivité. Les règles de son obtention ont varié dans le temps :

  • De 1999 à 2013 : carte gratuite et d’une validité de 5 ans.
  • De 2014 à octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 1 an.
  • A partir d’octobre 2017 : carte payante et d’une validité de 2 ans.

De nombreuses associations et coopératives localisées dans les différentes communes, comprennent des pêcheurs lagonaires dans leurs rangs.

Il est à noter que l’attribution d’une carte professionnelle de pêche lagonaire n’est pas une autorisation de pêche mais permet d’accéder aux dispositifs d’aides du Pays.

Entre janvier et juillet 2018, la CAPL a délivré 136 cartes de pêche lagonaire et 67 cartes pluriactivités comprenant la pêche lagonaire, soit un total de 203 cartes (chiffres officiels de la CAPL).

La production lagonaire

Bien que la disponibilité des statistiques des produits lagonaires soit très partielle, il a été possible d’estimer la production globale polynésienne aux environs de 4 300 tonnes (estimation de 2008).

Cette production serait répartie ainsi :

  • 3 400 tonnes de poissons lagonaires,
  • 700 tonnes de petits pélagiques (ature, operu)
  • 200 tonnes de “fruits de mer” (mollusques, échinodermes, crustacés etc.)

pour une valeur départ pêcheur de l’ordre de 2 milliards CFP.

L’île de Tahiti, de loin la plus peuplée de Polynésie française, est également la plus grande pêcherie avec une production annuelle de l’ordre du millier de tonnes ; toute sa production est absorbée pour satisfaire aux besoins vitaux des populations (pêche de subsistance), aux activités récréatives (pêche de plaisance) et aux activités commerciales (pêche professionnelle). Mais cette production n’est pas suffisante et des importations de produits des autres îles de Polynésie française sont indispensables, notamment de certains atolls des Tuamotu de l’Ouest qui ont développé depuis plus de 40 ans une pêcherie commerciale vouée à l’export sur Tahiti.

En matière de produits lagonaires exportés par voie maritime (chiffres déclarés), au total 566,5 tonnes sont exportées vers Tahiti.

Le peloton de tête est composé de :

  • Rangiroa (52,2 t)
  • Arutua (42,5 t)
  • Kaukura (40,1 t)
  • Raiatea (37,9 t)

ainsi que 16 îles exportant plus de 10 tonnes.

Pour les bénitiers, Tubuai et Raivavae aux Australes, sont les principaux fournisseurs avec une production annuelle d’environ 12,6 tonnes de chair au total pour les deux îles, soit 2 tonnes de moins qu’en 2017. Quant aux langoustes, les Marquises sont les principaux producteurs avec une production annuelle de 3,3 t. Ceci représente tout de même une baisse considérable par rapport à 2017 (9,8 t).

Exportations de produits de la mer
inter îles en 2018

La pêche de troca

En 2018, les pêches de trocas ont été organisées uniquement sur l’île de Tahiti, dans les communes de Paea, Papara et Teva i Uta. Un total de 221 pêcheurs a participé à ces pêches. Ces derniers ont pu récolter un total de 36,5 tonnes de coquilles, représentant une valeur d’achat de près de 11 M CFP et un prix moyen de 299 CFP/kg.

La pêche d’holothuries (rori)

La pêche commerciale d’holothuries (rori), initiée en 2008, s’est considérablement développée pour atteindre en 2011 et 2012 des exportations record à hauteur de 125 tonnes. En novembre 2012, la pêche a été réglementée afin de permettre la mise en place des mesures de gestion et de suivi nécessaire pour assurer la traçabilité des produits exploités, et la pêche commerciale a été suspendue.

En 2018, la mise en place de 5 comités de gestion a permis d’ouvrir des pêches commerciales.

Ainsi, la réglementation limite la pêche à certaines espèces, impose des tailles minimales par espèce, des quotas par espèce établis en nombre d’individus, la mise en place systématique de zones de réserve, l’obligation de prélever à la main, l’interdiction de pêche de nuit et, enfin, un système d’agrément des commerçants en holothuries. Un comité de gestion local est chargé de faire appliquer la réglementation sur place et d’assurer la traçabilité des produits, du pêcheur au commerçant.

Enfin, la traçabilité des produits depuis la pêche jusqu’à l’exportation est facilitée désormais grâce à la mise en place, par le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC de Nouméa), depuis début 2014, d’une base de données en ligne accessible par toutes les parties prenantes.

En 2018, la pêche d’holothurie a été ouverte sur 5 îles :

  • Fakarava,
  • Niau,
  • Kauehi,
  • Raroia,
  • Faaite.

Les pêches ont été réalisées sur 4 d’entre elles (exceptée Faaite) et 5 espèces autorisées à la pêche commerciale ont été exploitées. Le nombre total de rori pêchés est de 7 202 unités ce qui représente un poids total de 2,3 tonnes. Nous notons une diminution des captures de rori de 64% par rapport à l’année 2017.

L’aquaculture

La production de crevettes

En 2018 la production de crevettes Litopenaeus stylirostris progresse de 14 % pour atteindre 138 tonnes, soit le plus gros total de production de crustacés depuis 30 ans sur les 5 fermes actuelles. La rénovation et la modernisation des 3 anciennes fermes d’élevage à terre, et la fiabilisation de la production de post-larves de qualité dans l’écloserie VAIA à Vairao ont contribué à cette progression (+ 32 % par an depuis 2010).

Il faut souligner la production de crevettes en cages en lagon réalisée par deux fermes innovantes pour un total de 4,6 tonnes. La première ferme en phase de développement est située à la presqu’île, et l’autre, en phase d’essais pilotes est située à Tahaa et a produit ses premières crevettes en fin 2018. La production de crevettes en lagon devrait dépasser 10 tonnes en 2019, puis augmenter au même rythme à court terme.

Le rendement en tonnes de crevettes par million de post-larves facturées (réparties entre 2017 et 2018 pour une production de crevettes commerciales en 2018) est de 9,4. S’il est très variable selon les fermes et techniques d’élevage (les survies par ferme variant en moyenne de 39 à 68%), il doit pouvoir atteindre et dépasser 10, soit l’équivalent de 50% de survie pour du calibre 50 (soit 20 g de poids moyen). Si la production de post-larves a fortement augmenté en 2018 (+ 32% de post-larves facturées), une meilleure valorisation (survie) doit donc être programmée et fiabilisée. Le chiffre d’affaires global de la filière est de 296 M. CFP (+14 %) avec 19 emplois dont 16 à temps plein. La production globale devrait augmenter à un rythme plus faible avant le lancement de productions dans la zone Biomarine de Faratea (projeté en 2022). Toutefois, le développement et la consolidation de petites fermes d’élevages lagonaires en cages doit permettre une diversification de produits de qualité et de proximité, notamment dans les îles.

La production de poissons

La production de la filière d’élevage de Paraha peue Platax orbicularis a été de 19,1 tonnes en 2018 (- 20%), avec un chiffre d’affaires de 29 M. CFP et 4 emplois. La R&D et l’assistance zootechnique et sanitaire aux fermiers apportées par la DRM et ses partenaires scientifiques (Ifremer et CRIOBE) et techniques (CAPF) accompagnent les fermes dans le but de fiabiliser progressivement ces productions qui ne sont pas encore suffisamment fiables, notamment au cours des phases d’alevinage et de mise en cages.

La production d’alevins de Marava (poisson lapin ou Siganus argenteus) s’est poursuivie au Centre Technique Aquacole VAIA par la DRM ; l’objectif étant de valider des référentiels de production dans le cadre du programme du XIe FED (PROTEGE) à partir de 2019-2020, dans le cadre d’une diversification aquacole pour une production à moindre coût d’une espèce herbivore.

Enfin, il est important de rappeler que les fermes polynésiennes de crevettes et de poissons sont écoresponsables : elles sont soumises à des Installations Classées Pour l’Environnement (ICPE) de 2ème classe à partir de 5 T /an, et elles n’utilisent durant la production, depuis l’arrivée des juvéniles d’écloserie jusqu’à l’assiette du consommateur aucun produit chimique ni aucun produit médicamenteux.

La perliculture

Commerçant de nucléus

« Est commerçant de nucléus toute personne physique ou morale fabriquant, achetant, recyclant ou important des nucléus dans le but de les vendre. » (Article LP 23)

Détaillant-artisan de produits perliers

« Est détaillant-artisan de produits perliers tout artisan traditionnel tel que défini par la réglementation en vigueur qui, même à titre accessoire, se livre ou prête son concours aux opérations d’achats en semi-gros ou au détail, uniquement auprès de producteurs, de négociants de produits perliers, en vue de la revente de produits perliers tels que définis aux articles LP 2, LP 3, LP 4 et LP 5 de la présente loi du pays uniquement montés en objet d’artisanat traditionnel, à des clients les utilisant pour leur usage particulier. » (Article LP 68)

Détaillant-bijoutier de produits perliers

« Est détaillant-bijoutier de produits perliers toute personne physique ou morale qui, même à titre accessoire, se livre ou prête son concours aux opérations d’achats en semi-gros ou au détail, uniquement auprès de producteurs, de négociants de produits perliers, en vue de la revente de produits perliers tels que définis aux articles LP 2, LP 3, LP 4 et LP 5 de la présente loi du pays, bruts ou travaillés (classés à la position tarifaire douanière 71.01), montés en ouvrages ou en articles de bijouterie (classés à la position tarifaire douanière 71.13 et 71.16) à des clients les utilisant pour leur usage particulier ou à d’autres détaillants bijoutiers de produits perliers. » (Article LP 67)

Il n’y a pas d’obligation de détenir une autorisation d’exercer l’activité de détaillant-bijoutier.

Cependant, un détaillant-bijoutier est soumis aux obligations déclaratives.

En 2018, 111 détaillants-bijoutiers ont effectuées les démarches administratives auprès de la DRM.

Stations de collectage et concessions maritimes perlicoles

Importations de nucléus

Toute importation de nucléus est désormais obligatoirement soumise à la production d’une licence d’importation qui est systématiquement remis à l’avis de la DRM.

« Seuls les titulaires d’une carte valide de commerçant de nucléus ou de producteur de produit perliers et le service en charge de la perliculture peuvent importer des nucléus. Chaque importation de nucléus est obligatoirement soumise à la production d’une licence d’importation délivrée par le service en charge de la perliculture. » (Article LP. 30)

En 2018, environ 28,6 millions de nucléus ont été importés dont 58,5 % par les commerçant de nucléus et 41,5 % par les producteurs.

Contrôle après production des perles de culture

Depuis la LP n°2017-16, les producteurs de produits perliers ont l’obligation de présenter leurs productions à la cellule contrôle qualité de la DRM pour enregistrement (contrôle après production).

Négociants de produits perliers

En 2018, il y a eu 1 nouvelle demande octroyée et 3 cartes annulées soit 23 négociants de produits perliers en fin d’année.

Les ventes aux enchères (VAE)

Une organisation professionnelle, GIE POE O RIKITEA, ainsi que la SC TAHITI PERLES ont organisé des ventes aux enchères en mars, juillet et novembre 2018.

Environ 1,9 millions de perles ont été présentées lors de ces ventes.

Les exportations

Exportations de poissons du large

Exportations de bêches de mer (rori)

Provenance des « rori » exportés

vers Hong-Kong en 2018

Exportations de poissons vivants

La filière d’exportation de poissons vivants (individus sub-adultes sauvages) existe en Polynésie française depuis 20 ans, tandis que l’exportation issue de productions éco-responsables dite PCC en anglais (Post larvae Capture and Culture) basée sur la collecte et l’élevage de post-larves de poissons n’a jamais été rentable. En effet, après un début prometteur entre 2002 et 2004, cette aquaculture est en suspens puisqu’elle dépend beaucoup des techniques et des sites de collecte. Et, en dehors d’éventuels « hot spots », les filets de crête et filets de « hoa » qui piègent larves et post-larves récifales ne recueillent que 10 % d’individus ayant un intérêt économique. Et malgré la possibilité d’élever des poissons corallivores avec du ranulé, les frais d’élevage ne sont toujours pas compensés par la valeur à l’exportation.

Après la crise économique de 2008, les exportations ont stagné entre 2009 et 2013. Depuis, ces chiffres ont fortement augmenté. Cependant, en 2018, 27 291 poissons ont été exportés, soit à 30 poissons près, le même nombre qu’en 2017. Par contre, la valeur à l’export en 2018 est le record obtenu depuis 30 ans, soit 43,1 millions CFP, ce qui correspond à une augmentation de 46% depuis 2017. Le nombre de poissons exportés en 2018 ne représente que 81% du nombre annuel de poissons exportés depuis 20 ans. Ce qui indique que la valeur (et la qualité ?) des poissons vivants exportés depuis la Polynésie française a fortement augmenté. Le prix moyen par poisson exporté en 2018 est de 1 578 CFP, soit 2,6 fois le prix moyen obtenu depuis 20 ans.

Cette augmentation est due majoritairement à l’apparition d’un deuxième opérateur sur le marché de l’aquariophilie en lien avec la filière bénitier ; la diversification des produits étant un atout pour la réussite et la durabilité des exportations. Le nombre de poissons vivants exportés vers les États-Unis est majoritaire (68%, soit 18 455 poissons) par rapport à celui vers l’Europe (12%, soit 3 154 poissons), celui vers Hong Kong étant désormais situé en 2e place en nombre (18%, soit 4 799 poissons). La valeur des poissons vivants exportés vers Hong Kong est en 2e place en valeur (15,2 millions  CFP), celle vers les États-Unis étant la plus forte (19,1 millions  CFP). Mais le prix moyen des poissons vivants exportés vers les États-Unis est le plus bas (1 034 CFP par unité), le prix moyen par poisson vivant exporté, toutes destinations confondues étant de 1 578 CFP. Le marché américain est le plus proche et le plus accessible en termes de coûts, Los Angeles étant le hub mondial du marché des produits marins vivants ornementaux. Une meilleure connaissance, un suivi et une régulation des espèces exportées font partie des éléments à améliorer afin de rendre cette filière durable.

Exportations de bénitiers vivants

Tridacna maxima (espèce largement majoritaire en Polynésie française) et Tridacna squamosa (espèce de pente externe, rare) sont protégées par la convention internationale de Washington ou CITES qui régule la commercialisation sur le marché international des espèces en danger à travers la délivrance de permis CITES d’exportation (et d’importation). Certains atolls polynésiens présentent des abondances et des densités de T. maxima parmi les plus importantes au monde. De tels stocks, couplés aux techniques aquacoles (collectage de naissain) développées avec succès dans ces lagons favorables permettent une exportation de bénitiers sauvages et d’aquaculture durable car raisonnée, et notamment validée par l’autorité scientifique de la CITES basée à Paris.

En effet, les exportations actuelles de bénitiers vivants (sur le marché de l’aquariophilie) sont gérées par la DRRT-DIREN, l’organe de gestion de la CITES établi en Polynésie française en 2008, tandis que la DRM donne son avis dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource qu’elle met à jour progressivement. Ce contexte a permis en décembre 2014, au groupe d’examen scientifique de l’Union Européenne (SRG) d’émettre un avis positif pour l’importation en Europe de bénitiers vivants sauvages polynésiens. En janvier 2018, après concertations préalables avec les scientifiques qui suivent la filière polynésienne, puis avec les populations et autorités locales de Tatakoto et Reao, l’évolution des conditions d’exportation de bénitiers sauvages et de collectage a été proposée avec succès aux autorités nationales de la CITES pour approbation du nouveau système de gestion durable.

En 2018, 119 permis CITES d’exportation ont été délivrés pour 28 975 bénitiers. Les deux exportateurs de Tahiti ont exporté au final 15 108 bénitiers vivants destinés au marché de l’aquariophilie, soit le plus petit total depuis 5 ans, la baisse étant de 25,6 % depuis 2017. Cette diminution est pour une faible part due à la mise en place d’une réglementation plus contraignante (interdiction à Tatakoto, quotas à Reao), puisque le nombre de bénitiers sauvages exportés n’a diminué que de 10,2% depuis 2017. Par contre, suite aux phénomènes climatiques ayant entraîné des blanchissements et des mortalités en 2016 et 2017, plusieurs aquaculteurs ont soit arrêté (3 sur 6), soit limité leur activité. Et l’agrandissement de la zone de collectage de Reao vers des zones protégées et plus propices (et désormais moins affectées par des anémones Aiptasia sp., peste en aquariophilie) réalisé mars 2016, n’a pas suffi pour inciter à redynamiser l’activité. Celle-ci ne rependra progressivement qu’en 2019 avec l’arrivée de 3 nouveaux professionnels (à former) fin 2018. De ce fait, seulement 4 983 bénitiers de collectage ont été exportés en 2018, soit 33% du total exporté en 2018. Une diminution de 45% des exportations de bénitiers de collectage est ainsi observée de 2017 à 2018.

Malgré le coût du fret inter-îles largement supérieur au fret international, cette activité exportatrice depuis les îles reste compétitive sur un marché mondial de niche estimé à 100 000 bénitiers pour Tridacna maxima, pour lequel la Polynésie française est un des acteurs majeurs.

La valeur des exportations représente 31,2 millions CFP en 2018. La valeur FAB déclarée par bénitier a augmenté de 10,2% par rapport à 2017. Sur les 9 pays importateurs, les États-Unis, la France et l’Allemagne représentent plus de 95 % de la valeur des ventes.

En 2018, 520 bénitiers de collectage et 530 bénitiers sauvages expédiés à Tahiti n’ont pas été exportés mais réensemencés avec succès dans une future Zone de Pêche Réglementée (dénommée « Puna ») à Tautira, sollicitée par les riverains et la commune de Tautira. La survie après transfert a été très satisfaisante, les bénitiers ayant par ailleurs pondu massivement peu après. Cependant une mortalité récurrente a été observée de façon régulière par la suite, malgré l’absence de maladies au cours des différents diagnostics réalisés, avant puis après transfert.

La technique de collectage a été consolidée en 2014/2015. Aussi, avec le renouvellement partiel des aquaculteurs de Reao fin 2018, et avec la probable ouverture de nouveaux lagons au collectage en 2019 ou 2020 si les populations et autorités locales en font la demande, la filière devrait se développer à court terme sur le marché de l’aquariophilie puis sur celui de la chair de bénitier de collectage à l’exportation. Signalons par ailleurs qu’un exportateur a obtenu une autorisation d’installation classée pour l’environnement (ICPE) de 2e classe en décembre 2018.

De plus, rappelons que ces bénitiers issus de collectage sont actuellement répertoriés au niveau international comme « sauvages » conformément au code CITES (W). Ils pourraient à terme être distingués des sauvages comme c’est déjà le cas en Polynésie, où ils sont répertoriés comme des bénitiers issus d’aquaculture. Enfin, l’objectif à terme de cette filière est de viser le marché international de la chair, toujours dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource, en conformité avec la CITES.

Exportations de coquilles

Exportations de produits perliers

En 2018, environ 8 millions de perles de culture de Tahiti ont été exportées pour une valeur de 7,46 milliards CFP.

Hong Kong et le Japon restent les principaux pays importateurs de perles de culture de Tahiti, ils cumulent environ 94% des volumes et de la valeur. Le prix au gramme proposé par le Japon est légèrement supérieur d’environ 35% à celui proposé par Hong Kong.

La valeur des exportations baisse d’environ 8 % (- 654 millions CFP) correspondant à une baisse de 2,28 tonnes du poids de perles de culture de Tahiti exportées, soit environ 916 000 perles en moins. Cependant le prix au gramme augmente sensiblement de 96 Fcfp en 2018 pour atteindre 644 Fcfp/g.

En 2018, on note une diminution des exportations en poids et en nombre mais avec une augmentation du prix au gramme.

Exportation de perles de culture de Tahiti en 2018

Exportation de perles de culture de Tahiti en 2018

Poids des perles en grammes