Exportations

EXPORTATIONS : POISSONS DU LARGE

Les exportations de poissons du large ont connu une augmentation de 89 % (+ 680 t) en 2021 par rapport à 2020, avec 1447 tonnes dont 86 % de produits réfrigérés et 14 % de produits congelés.

Ces exportations représentent 21 % de la production palangrière.

La valeur des exportations de poissons du large augmente de 115 % (903 M.CFP) par rapport à 2020 et atteint 1 686 millions CFP. Les produits réfrigérés représentent 92 % de la valeur, contre 8 % pour les produits congelés. Le prix moyen des filets réfrigérés augmente de 24 % et atteint environ 1 618 F CFP/kg, celui des poissons entiers réfrigérés augmente de 8 % et atteint environ 1 235 F CFP/kg. Le prix moyen des poissons entiers congelés diminue de 35 % et atteint 143 F CFP/kg ; celui des filets de poissons congelés augmente de 2 % et atteint 821 F CFP/kg.

Le principal marché importateur de poissons du large sont les États-Unis d’Amériques, soit 86 % du poids total importé (produit uniquement réfrigéré). En seconde place on retrouve la France avec 11 % du poids total importé et enfin les Samoa Américaines avec 3% du poids total importé (essentiellement congelé).

Il n’y a pas eu d’export vers le marché asiatique en 2021.

EXPORTATIONS : POISSONS VIVANTS AQUARIOPHILIE

La filière d’exportation de poissons vivants (individus sub-adultes sauvages) existe en Polynésie française depuis 20 ans, tandis que l’exportation issue de productions éco-responsables dite PCC en anglais (Post larvae Capture and Culture) basée sur la collecte et l’élevage de post-larves de poissons n’a jamais été rentable. En effet, après un début prometteur entre 2002 et 2004, cette aquaculture est en suspend puisqu’elle dépend beaucoup des techniques et des sites de collecte. Et, en dehors d’éventuels hot spots », les filets de crête et filets de « hoa » qui piègent larves et post-larves récifales ne recueillent que 10 % d’individus ayant un intérêt économique. Et malgré la possibilité d’élever des poissons corallivores avec du granulé, es frais d’élevage ne sont toujours pas compensés par la valeur à l’exportation.

Après la crise économique de 2008, les exportations ont stagné entre 2009 et 2013. Depuis, ces chiffres ont fortement augmenté. En 2021, 33 395 poissons ont été exportés, soit 9616 poissons de plus qu’en 2020. La valeur à l’export en 2021 est de 50,7 millions CFP, ce qui correspond à une augmentation de 81 % par rapport à 2020. Le prix moyen par poisson exporté en 2021 est de 1 517 CFP.

Cette augmentation est due majoritairement à l’apparition d’un deuxième opérateur sur le marché de l’aquariophilie en lien avec la filière bénitier ; la diversification des produits étant un atout pour la réussite et la durabilité des exportations. Le nombre de poissons vivants exportés vers les États-Unis reste majoritaire (79 %, soit 26 351 poissons), celui vers Hong Kong étant encore situé en 2e place en nombre (7,5 %, soit 2 524 poissons). La valeur des poissons vivants exportés vers Hong Kong est en 2e place en valeur (5,7 millions CFP), celle vers les États-Unis étant la plus forte (35 millions CFP). Mais le prix moyen des poissons vivants exportés vers les États-Unis est le plus bas (1 331 CFP par unité), le prix moyen par poisson exporté, toutes destinations confondues étant de 1 517 CFP. Le marché américain est le plus proche et le plus accessible en termes de coûts, Los Angeles étant le hub mondial du marché des produits marins vivants ornementaux. Une meilleure connaissance, un suivi et une régulation est espèces exportées font partie des éléments à améliorer afin de rendre cette filière durable.

EXPORTATIONS : BÉNITIERS

Certains atolls polynésiens des Tuamotu de l’est présentent des abondances et des densités de Tridacna maxima (espèce largement majoritaire en Polynésie française) parmi les plus importantes au monde. De tels stocks, couplés aux techniques aquacoles (collectage de naissain) développées avec succès dans ces lagons propices permettent une exportation de bénitiers sauvages et de collectage, depuis huit ans, dans le cadre d’une exploitation durable et raisonnée, validée par l’autorité scientifique de la CITES. En effet, les exportations de bénitiers vivants (sur le marché de l’aquariophilie) sont gérées par la DIRAJ, l’organe de gestion de la CITES mis en place en Polynésie française en 2008, tandis que la DIREN et la DRM donnent leur avis dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource que la DRM met à jour progressivement. Ce contexte a permis en 2014 au groupe d’examen scientifique de l’Union Européenne (SRG) d’émettre un avis positif pour l’importation en Europe de bénitiers vivants sauvages polynésiens. En 2018, l’évolution des conditions d’exportation de bénitiers sauvages et de collectage a été proposée avec succès aux autorités nationales de la CITES pour approbation du nouveau système de gestion durable.

Après avoir été impactée en 2016 et 2017 par des températures lagonaires extrêmes ayant conduit à un blanchissement et à des mortalités de bénitiers à Tatakoto et Reao entraînant une recomposition des acteurs de la filière. Celle-ci a ensuite été impactée en 2020 par la pandémie de la COVID-19, de nombreux vols intérieurs et internationaux ayant été annulés tandis que la reprise a eu lieu avec des surcoûts.

Le marché international est principalement Américain avec 58 % des bénitiers exportés en 2021. Suivi par l’Europe (France, Pays-Bas et Allemagne) qui représente 35 % des bénitiers exportés et 7% représenté par l’Asie (Taïwan, Singapour et Hong Kong) et d’autres pays.

134 permis CITES ont été délivrés pour une demande d’exportation de 66 040 bénitiers vivants. Si au final, seulement 25 490 bénitiers vivants ont pu être exportés (soit 38% de la demande initiale) le nombre de bénitiers exportés par permis délivré augmente sensiblement (+ 52% en 1 an). Le taux d’utilisation moyen des permis CITES est de 60%.

Concernant les bénitiers d’écloserie, la structure de production se situe à Tahiti, cela représente près de 27% des bénitiers exportés en 2021. L’ensemble des bénitiers d’écloserie (code CITES F « Farming ») et de collectage (code CITES W « Wild » comme les sauvages), c’est-à-dire d’aquaculture (au sens FAO et au sens polynésien du terme) représentent 60% des exportations. Actuellement, tous les bénitiers issus du milieu sauvage et du collectage proviennent de Reao (soit 73% des exportations).

Malgré le coût du fret inter-îles très supérieur au fret international, cette activité exportatrice depuis les atolls des Tuamotu les plus éloignés de Tahiti est compétitive sur un marché mondial de niche d’environ 100 000 bénitiers/an pour T. maxima, et pour lequel la Polynésie française est un des acteurs majeurs. Avec l’ouverture d’une écloserie et le développement potentiel de nouveaux acteurs de collectage (plusieurs autres atolls des Tuamotu de l’est ayant un fort potentiel), l’activité devra se diversifier vers la production, la transformation et la valorisation de la chair de bénitiers si elle veut perdurer.

La valeur des exportations représente 49,6 millions CFP en 2021, soit une augmentation de 18%, en raison d’une majorité des bénitiers vendus issus d’aquaculture (écloserie et collectage), donc de plus petite taille (soit en général 4 à 7 cm contre 12 à 14 cm), donc moins chers.

Afin d’améliorer le système relatif aux permis CITES, un site internet de traçabilité est en phase de construction, en collaboration entre la DRM et la Communauté du Pacifique (CPS). Cet outil exigera de la part des exportateurs de tenir une traçabilité pour viser le marché international des bénitiers vivants et de la chair de bénitiers.

EXPORTATIONS : BÊCHES DE MER (RORI)

Exportations de bêches de mer* (rori)

L’exportation de bêches de mer (rori) a connu un regain d’activité non contrôlée à partir de 2008 jusqu’à la mise en place d’une réglementation sur la pêche et la commercialisation d’holothuries instaurée en novembre 2012.

En 2021, aucune bêche de mer n’a été exportée vers Hong Kong en raison du faible volume de rori pêché (428,8 kg). En effet, ces quantités ne sont pas suffisantes pour rentabiliser les coûts d’expédition vers Hong Kong.

EXPORTATIONS : PERLES DE CULTURE

En 2021, environ 9,8 millions de perles de culture de Tahiti ont été exportées pour une valeur de 4,75 milliards XPF.

Hong Kong et le Japon restent les principaux pays importateurs de perles de culture de Tahiti, ils cumulent environ 90% des volumes et 92% de la valeur. Le prix moyen au gramme proposé par le Japon (380 XPF) est supérieur d’environ 26% à celui proposé par Hong Kong (249 XPF). Environ 0,5 tonnes de perles de culture ont été exportées vers les États-Unis pour une valeur de 155 M. XPF et 0,5 tonnes vers le Vietnam pour une valeur de 5 M. XPF soit un faible prix de 10 XPF par gramme.

La valeur des exportations augmente d’environ 104 % (+ 2,493 milliards XPF) correspondant à une augmentation de 8,2 tonnes du poids de perles de culture de Tahiti exportées, soit environ     3 857 000 perles en plus. Le prix au gramme augmente de 13 XPF en 2021 pour atteindre 282 XPF par gramme.

EXPORTATIONS : COQUILLES (Corail, Nacre, Troca, Burgau)

Exportations de coquilles

Les exportations de coquilles de mollusques sont toujours dominées par les coquilles de nacre de l’huitre perlière Pinctada margaritifera issues de la filière perlicole, suivies par les coquilles de trocas.

En 2021, les ventes de coquilles de nacre d’huitre perlière augmentent de 5% en poids (+ 66 tonnes), pour atteindre 1 365 tonnes et diminuent de 4% en valeur (- 7 millions CFP) pour atteindre 176 millions CFP.

Une chute de la demande en coquille de trocas au niveau international, probablement dû à l’élargissement des offres en produits nacriers, a conduit à une diminution progressive des exportations depuis quelques années. En revanche, en 2021, les ventes de coquilles de trocas augmentent de 33% (+ 5 tonnes) pour atteindre 20 tonnes avec une valeur de 10 millions CFP (+ 43%).