Exportations

EXPORTATIONS : POISSONS DU LARGE

Exportations de poissons du large

Les exportations de poissons du large ont connu une augmentation de 16 % (+ 208 t) en 2019 par rapport à 2018, avec 1 497 tonnes dont 93 % de produits réfrigérés et 7 % de produits congelés.

Ces exportations représentent 23 % de la production palangrière.

La valeur des exportations de poissons du large augmente de 19 % (+ 271 M.CFP) par rapport à 2018 et atteint 1,7 milliard CFP. Les produits réfrigérés représentent 98 % de la valeur, contre 2 % pour les produits congelés. Le prix moyen des filets réfrigérés augmente de 1 % et atteint environ 1 297 F CFP/kg, celui des poissons entiers réfrigérés augmente de 6 % et atteint environ 1 192 F CFP/kg. Le prix moyen des poissons entiers congelés augmente de   46 % et atteint 240 F CFP/kg ; celui des filets de poissons congelés augmente de 65 % et atteint 787 F CFP/kg.

Le principal marché importateur de poissons du large sont les États-Unis, soit 95 % du poids total importé. En seconde place on retrouve les Samoa Américaines avec 5,9 % du poids total importé. Les Samoa Américaines absorbent 81 % des produits congelés. Seuls des poissons entiers frais sont exportés vers le marché asiatique, notamment japonais, avec 1,5 % du volume réfrigéré exporté et 1,4 % du volume total exporté.

EXPORTATIONS : POISSONS VIVANTS AQUARIOPHILIE

La filière d’exportation de poissons vivants (individus sub-adultes sauvages) existe en Polynésie française depuis 20 ans, tandis que l’exportation issue de productions éco-responsables dite PCC en anglais (Post larvae Capture and Culture) basée sur la collecte et l’élevage de post-larves de poissons n’a jamais été rentable. En effet, après un début prometteur entre 2002 et 2004, cette aquaculture est en suspend puisqu’elle dépend beaucoup des techniques et des sites de collecte. Et, en dehors d’éventuels « hot spots », les filets de crête et filets de « hoa » qui piègent larves et post-larves récifales ne recueillent que 10 % d’individus ayant un intérêt économique. Et malgré la possibilité d’élever des poissons corallivores avec du granulé, les frais d’élevage ne sont toujours pas compensés par la valeur à l’exportation.

Après la crise économique de 2008, les exportations ont stagné entre 2009 et 2013. Depuis, ces chiffres ont fortement augmenté. En 2019, 34 054 poissons ont été exportés, soit 6 763 poissons de plus qu’en 2018. Donc, la valeur à l’export en 2019 est le nouveau record obtenu depuis 30 ans, soit 57 millions CFP, ce qui correspond à une augmentation de 32 % par rapport à 2018. Le nombre de poissons exportés en 2019 représente 97 % du nombre annuel de poissons exportés depuis 20 ans. Ce qui indique que la valeur des poissons vivants exportés depuis la Polynésie française a fortement augmenté. Le prix moyen par poisson exporté en 2019 est de 1 674 CFP, soit 2,4 fois le prix moyen obtenu depuis 20 ans.

Cette augmentation est due majoritairement à l’apparition d’un deuxième opérateur sur le marché de l’aquariophilie en lien avec la filière bénitier ; la diversification des produits étant un atout pour la réussite et la durabilité des exportations. Le nombre de poissons vivants exportés vers les États-Unis est majoritaire (67 %, soit 22 715 poissons) par rapport à celui vers l’Europe (8 %, soit 2 621 poissons), celui vers Hong Kong étant encore situé en 2e place en nombre (20 %, soit 6 663 poissons). La valeur des poissons vivants exportés vers Hong Kong est en 2e place en valeur (21 millions CFP), celle vers les Etats-Unis étant la plus forte (24,6 millions CFP). Mais le prix moyen des poissons vivants exportés vers les États-Unis est le plus bas (1 084 CFP par unité), le prix moyen par poisson exporté, toutes destinations confondues étant de 1 674 CFP. Le marché américain est le plus proche et le plus accessible en termes de coûts, Los Angeles étant le hub mondial du marché des produits marins vivants ornementaux. Une meilleure connaissance, un suivi et une régulation des espèces exportées font partie des éléments à améliorer afin de rendre cette filière durable.

EXPORTATIONS : BÉNITIERS

Exportations des bénitiers vivants

Tridacna maxima (espèce largement majoritaire en Polynésie française) et Tridacna squamosa (espèce de pente externe, rare) sont protégées par la convention internationale de Washington ou CITES qui régule la commercialisation sur le marché international des espèces en danger à travers la délivrance de permis CITES. Certains atolls polynésiens présentent des abondances et des densités de T. maxima parmi les plus importantes au monde. De tels stocks, couplés aux techniques aquacoles (collectage de naissain) développées avec succès dans ces lagons favorables permettent une exportation de bénitiers sauvages et de collectage, dans le cadre d’une exploitation durable et raisonnée, validée par l’autorité scientifique de la CITES. En effet, les exportations de bénitiers vivants (sur le marché de l’aquariophilie) sont gérées par la DIRAJ-DIREN, l’organe de gestion de la CITES établi en Polynésie française en 2008, tandis que la DRM donne son avis dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource qu’elle met à jour progressivement. Ce contexte a permis en décembre 2014, au groupe d’examen scientifique de l’Union Européenne (SRG) d’émettre un avis positif pour l’importation en Europe de bénitiers vivants sauvages polynésiens. En 2018, après différents niveaux locaux de concertations préalables, l’évolution des conditions d’exportation de bénitiers sauvages et de collectage a été proposée avec succès aux autorités nationales de la CITES pour approbation du nouveau système de gestion durable.

En 2019, 154 permis CITES d’exportation ont été délivrés pour 39 310 bénitiers. Au final 23 327 bénitiers vivants ont été exportés sur le marché de l’aquariophilie, soit un taux d’utilisation moyen des permis (59 %) similaire à celui développé durant les 6 précédentes années, c’est-à-dire depuis le démarrage significatif de l’activité de collectage. Le nombre de bénitiers exportés a augmenté de 54 % depuis 2018. Ce qui s’explique par un retour à des conditions plus favorables suite aux années 2016 et 2017 de blanchissement de bénitier. L’exportation de bénitiers sauvages a augmenté de 33 % en un an, et celle de bénitiers de collectage a doublé depuis 2018. 9 838 bénitiers de collectage ont été exportés en 2019, soit 42 % du total exporté, chiffre semblable au taux moyen annuel de bénitiers de collectage exportés depuis 2013. La quasi-totalité de ces exportations  (99,2%) provient de Reao.

Malgré le coût du fret inter-îles très supérieur au fret international, cette activité exportatrice depuis les atolls des Tuamotu les plus éloignés de Tahiti est compétitive sur un marché mondial de niche d’environ 100 000 bénitiers pour T. maxima, et pour lequel la Polynésie française est un des acteurs majeurs. Avec le développement probable de nouveaux acteurs de collectage, et le démarrage imminent d’une écloserie, l’activité devra se diversifier vers la production, la transformation et la valorisation de la chair de bénitiers si elle veut perdurer. La valeur des exportations représente 47,5 millions CFP en 2019, soit le plus haut total depuis le démarrage de la filière. Sur les 10 pays importateurs, les États-Unis, la France et l’Allemagne représentent plus de 90 % de la valeur et du volume des exportations.

 

La technique de collectage a été consolidée en 2014/2015. Aussi, avec le renouvellement partiel des aquaculteurs de Reao fin 2018, et la probable ouverture de nouveaux lagons au collectage si les populations et autorités locales en font la demande, la filière devrait se développer progressivement sur le marché de la chair de bénitier d’aquaculture à l’exportation, dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource, en conformité avec la CITES. Afin d’améliorer le système relatif aux permis CITES, un site internet de traçabilité est en phase de construction, en collaboration entre la DRM et la Communauté du Pacifique (CPS). Cet outil exigera de la part des exportateurs de tenir une traçabilité pour viser le marché international des bénitiers vivants et  de la chair de bénitiers.

EXPORTATIONS : BÊCHES DE MER (RORI)

L’exportation de bêches de mer (rori) a connu un regain d’activité non contrôlée à partir de 2008 jusqu’à la mise en place d’une réglementation sur la pêche et la commercialisation d’holothuries instaurée en novembre 2012.

En 2019, 11 883 bêches de mer ont été exportées vers Hong Kong pour un poids de 3 tonnes et une valeur d’environ 24,8 millions F CFP. La quantité de bêches de mer exportée a augmenté de 80 % par rapport à 2018 en raison de l’augmentation des îles ayant fait l’objet de pêche (8 sur 11 îles autorisées à l’ouverture à la pêche en 2019, contre 4 sur 5 îles autorisées en 2018).

EXPORTATIONS : PERLES DE CULTURE

En 2019, environ 7 millions de perles de culture de Tahiti ont été exportées pour une valeur de 4,87 milliards CFP.

Hong Kong et le Japon restent les principaux pays importateurs de perles de culture de Tahiti, ils cumulent environ 94% des volumes et de la valeur. Le prix au gramme proposé par le Japon est légèrement supérieur d’environ 22% à celui proposé par Hong Kong.

La valeur des exportations baisse d’environ 35 % (- 2 593 M.CFP) correspondant à une baisse de 2,3 tonnes du poids de perles de culture de Tahiti exportées, soit environ 915 000 perles en moins. Le prix au gramme diminue de 120 Fcfp en 2019 pour atteindre 480 Fcfp/g.

EXPORTATIONS : COQUILLES (Corail, Nacre, Troca, Burgau)

Exportations de coquilles

Les exportations de coquilles de mollusques sont toujours dominées par les coquilles de nacre de l’huitre perlière Pinctada margaritifera issues de la filière perlicole, suivies par les coquilles de trocas.

En 2019, les ventes de coquilles de nacre d’huitre perlière augmentent de 2% en poids (+ 31 tonnes), pour atteindre 1 715 tonnes et augmentent de 14% en valeur (+30 millions Fcfp) pour atteindre 240 millions Fcfp.

A contrario, une chute de la demande en coquille de trocas au niveau international, probablement du à l’élargissement des offres en produits nacriers, a conduit à une diminution progressive des exportations depuis quelques années.

En 2019, les ventes de coquilles de troca diminuent de 11% (- 5 tonnes) pour atteindre 35 tonnes avec une valeur de 17 millions Fcfp (-14%). Les 40 tonnes de coquilles de trocas exportées sont issues des campagnes de pêches organisées en 2019 à Raiatea et Tahaa.