Exportations

EXPORTATIONS : POISSONS DU LARGE

Les exportations de poissons du large ont connu une diminution de 49 % (- 730 t) en 2020 par rapport à 2019, avec 767 tonnes dont 77 % de produits réfrigérés et 23 % de produits congelés.

Ces exportations représentent 13 % de la production palangrière.

La valeur des exportations de poissons du large diminue de 50 % (- 918 M. F CFP) par rapport à 2019 et atteint 782 millions F CFP. Les produits réfrigérés représentent 86 % de la valeur, contre 14 % pour les produits congelés. Le prix moyen des filets réfrigérés augmente de 1 % et atteint environ 1 305 F CFP/kg, celui des poissons entiers réfrigérés diminue de 4 % et atteint environ 1 145 F CFP/kg. Le prix moyen des poissons entiers congelés diminue de 7,5 % et atteint 222 F CFP/kg ; celui des filets de poissons congelés augmente de 2 % et atteint 806 F CFP/kg.

Le principal marché importateur de poissons du large sont les États-Unis d’Amériques, soit 90 % du poids total importé. En seconde place on retrouve la France avec 9 % du poids total importé. Les États-Unis d’Amérique absorbent 65 % des produits congelés. Il n’y a pas eu d’export vers le marché asiatique en 2020.

EXPORTATIONS : POISSONS VIVANTS AQUARIOPHILIE

La filière d’exportation de poissons vivants (individus sub-adultes sauvages) existe en Polynésie française depuis 20 ans, tandis que l’exportation issue de productions éco-responsables dite PCC en anglais (Post larvae Capture and Culture) basée sur la collecte et l’élevage de post-larves de poissons n’a jamais été rentable. En effet, après un début prometteur entre 2002 et 2004, cette aquaculture est en suspend puisqu’elle dépend beaucoup des techniques et des sites de collecte. Et, en dehors d’éventuels hot spots », les filets de crête et filets de « hoa » qui piègent larves et post-larves récifales ne recueillent que 10 % d’individus ayant un intérêt économique. Et malgré la possibilité d’élever des poissons corallivores avec du granulé, es frais d’élevage ne sont toujours pas compensés par la valeur à l’exportation.

Après la crise économique de 2008, les exportations ont stagné entre 2009 et 2013. Depuis, ces chiffres ont fortement augmenté. En 2020, 23 779 poissons ont été exportés, soit 10 275 poissons de moins qu’en 2019. Le nombre de poissons exportés en 2019 représente 97 % du nombre annuel de poissons exportés depuis 20 ans. Ce qui indique que la valeur (et la qualité ?) des poissons vivants exportés depuis la Polynésie française a fortement augmenté. La valeur à l’export en 2020 est de 28 millions F CFP, ce qui correspond à une diminution de 51 % par rapport à 2019. Le prix moyen par poisson exporté en 2020 est de 1 177 F CFP, soit près de 2 fois le prix moyen obtenu depuis 20 ans.

Cette augmentation est due majoritairement à l’apparition d’un deuxième opérateur sur le marché de l’aquariophilie en lien avec la filière bénitier ; la diversification des produits étant un atout pour la réussite et la durabilité des exportations. Le nombre de poissons vivants exportés vers les États-Unis est majoritaire (80 %, soit 19 037 poissons) par rapport à celui vers l’Europe (6,5 %, soit 1 560 poissons), celui vers Hong Kong étant encore situé en 2e place en nombre (10 %, soit 2 338 poissons). La valeur des poissons vivants exportés vers Hong Kong est en 2e place en valeur (6,3 millions F CFP), celle vers les États-Unis étant la plus forte (17,5 millions F CFP). Mais le prix moyen des poissons vivants exportés vers les États-Unis est le plus bas (922 F CFP par unité), le prix moyen par poisson exporté, toutes destinations confondues étant de 1 177 F CFP. Le marché américain est le plus porche et le plus accessible en termes de coûts, Los Angeles étant le hub mondial du marché des produits marins vivants ornementaux. Une meilleure connaissance, un suivi et une régulation est espèces exportées font partie des éléments à améliorer afin de rendre cette filière durable.

EXPORTATIONS : BÉNITIERS

Exportations des bénitiers vivants

Certains atolls polynésiens des Tuamotu de l’est présentent des abondances et des densités de Tridacna maxima (espèce largement majoritaire en Polynésie française) parmi les plus importantes au monde. De tels stocks, couplés aux techniques aquacoles (collectage de naissain) développées avec succès dans ces lagons propices permettent une exportation de bénitiers sauvages et de collectage, depuis huit ans, dans le cadre d’une exploitation durable et raisonnée, validée par l’autorité scientifique de la CITES. En effet, les exportations de bénitiers vivants (sur le marché de l’aquariophilie) sont gérées par la DIRAJ, l’organe de gestion de la CITES mis en place en Polynésie française en 2008, tandis que la DIREN et la DRM donnent leur avis dans le cadre d’une stratégie de gestion durable de la ressource que la DRM met à jour progressivement. Ce contexte a permis en 2014 au groupe d’examen scientifique de l’Union Européenne (SRG) d’émettre un avis positif pour l’importation en Europe de bénitiers vivants sauvages polynésiens. En 2018, l’évolution des conditions d’exportation de bénitiers sauvages et de collectage a été proposée avec succès aux autorités nationales de la CITES pour approbation du nouveau système de gestion durable.

Après avoir été impactée en 2016 et 2017 par des températures lagonaires extrêmes ayant conduit à un blanchissement et à des mortalités de bénitiers à Tatakoto et Reao qui ont induit une recomposition des acteurs de la filière. Celle-ci a ensuite été impactée en 2020 par la pandémie de la COVID-19, de nombreux vols intérieurs et internationaux ayant été annulés tandis que la reprise a eu lieu avec des surcoûts. Le passage des vols internationaux vers le Canada au lieu des États-Unis a modifié le marché puisque la première destination est désormais l’Allemagne (53% des bénitiers exportés en 2020, contre 7% en 2019) au lieu des États-Unis (67% du marché en 2019 contre 26% en 2020). Malgré tout, le nombre total d’individus exportés n’a diminué que de 2% en comparaison avec 2019.

134 permis CITES ont été délivrés pour une demande d’exportation de 62 000 bénitiers vivants. Si au final, seulement 22 900 bénitiers vivants ont pu être exportés (soit 37% de la demande initiale) le nombre de bénitiers exportés par permis délivré augmente sensiblement (+9% en 1 an, +51% depuis 5 ans). Le taux d’utilisation moyen des permis CITES est néanmoins de 54%, très probablement en raison de la situation instable liée à la Covid-19.

Une toute nouvelle écloserie de bénitier située à Tahiti a exporté ses tout premiers bénitiers produits en écloserie donc sous le code F (« Farming ») de la CITES. Bien que n’ayant commencé qu’en fin d’année, les exportations de bénitiers d’écloserie représentent déjà 22% du total. L’ensemble des bénitiers d’écloserie (code CITES F) et de collectage (code CITES W « Wild » comme les sauvages), c’est-à-dire d’aquaculture (au sens FAO et au sens polynésien du terme) représentent 62% des exportations. Actuellement, tous les bénitiers issus du milieu sauvage et du collectage proviennent de Reao (soit 78% des exportations).

Malgré le coût du fret inter-îles très supérieur au fret international, cette activité exportatrice depuis les atolls des Tuamotu les plus éloignés de Tahiti est compétitive sur un marché mondial de niche d’environ 100 000 bénitiers pour T. maxima, et pour lequel la Polynésie française est un des acteurs majeurs. Avec l’ouverture d’une écloserie et le développement potentiel de nouveaux acteurs de collectage (plusieurs autres atolls des Tuamotu de l’est ayant un fort potentiel), l’activité devra se diversifier vers la production, la transformation et la valorisation de la chair de bénitiers si elle veut perdurer.

La valeur des exportations représente 41,8 millions F CFP en 2020, soit une baisse de 12%, en raison d’une majorité des bénitiers vendus issus d’aquaculture (écloserie et collectage), donc de plus petite taille (soit en général 4 à 7 cm contre 12 à 14 cm), donc moins chers.

Afin d’améliorer le système relatif aux permis CITES, un site internet de traçabilité est en phase de construction, en collaboration entre la DRM et la Communauté du Pacifique (CPS). Cet outil exigera de la part des exportateurs de tenir une traçabilité pour viser le marché international des bénitiers vivants et de la chair de bénitiers.

EXPORTATIONS : BÊCHES DE MER (RORI)

Exportations de bêches de mer* (rori)

L’exportation de bêches de mer (rori) a connu un regain d’activité non contrôlée à partir de 2008 jusqu’à la mise en place d’une réglementation sur la pêche et la commercialisation d’holothuries instaurée en novembre 2012.

En 2020, aucune bêche de mer n’a été exportée vers Hong Kong en raison du faible volume de bêches de mer (rori) pêché (59 kg). En effet, ces quantités ne sont pas suffisantes pour rentabiliser les coûts d’expédition vers Hong Kong.

EXPORTATIONS : PERLES DE CULTURE

En 2020, environ 6 millions de perles de culture de Tahiti ont été exportées pour une valeur de 2,38 milliards F CFP.

Hong Kong et le Japon restent les principaux pays importateurs de perles de culture de Tahiti, ils cumulent environ 69% des volumes et 87% de la valeur. Le prix moyen au gramme proposé par le Japon (402 F CFP) est supérieur d’environ 26% à celui proposé par Hong Kong (318 F CFP). Environ 2,5 tonnes de perles de culture ont été exportées vers les États-Unis pour une valeur de 151 M. F CFP soit un faible prix de 60 F CFP par gramme.

La valeur des exportations baisse d’environ 51 % (- 2,490 milliards F CFP) correspondant à une baisse de 1,3 tonnes du poids de perles de culture de Tahiti exportées, soit environ 1 113 000 perles en moins. Le prix au gramme diminue de 212 F CFP en 2020 pour atteindre 269 F CFP par gramme.

EXPORTATIONS : COQUILLES (Corail, Nacre, Troca, Burgau)

Exportations de coquilles

Les exportations de coquilles de mollusques sont toujours dominées par les coquilles de nacre de l’huitre perlière Pinctada margaritifera issues de la filière perlicole, suivies par les coquilles de trocas.

En 2020, les ventes de coquilles de nacre d’huitre perlière diminuent de 24% en poids (- 416 tonnes), pour atteindre 1 299 tonnes et diminuent de 24% en valeur (-57 millions F CFP) pour atteindre 183 millions F CFP.

Une chute de la demande en coquille de trocas au niveau international, probablement dû à l’élargissement des offres en produits nacriers, a conduit à une diminution progressive des exportations depuis quelques années. En 2020, les ventes de coquilles de trocas diminuent de 58%   (- 20 tonnes) pour atteindre 15 tonnes avec une valeur de 7 millions F CFP (-57%). En 2020, il n’y a pas eu de pêche de trocas autorisée. Les 15 tonnes de coquilles de trocas exportées sont issues du reliquat des campagnes de pêches organisées en 2019 à Raiatea et Tahaa.